Préface
La tradition de publier des ouvrages monographiques consacrés à des localités plus ou moins importantes est assez vieille en Roumanie, ayant ses origines avant la première guerre mondiale. Écrits généralement par des enseignants ou par des prêtres, avec des moyens de documentation assez modestes, ils gardent pourtant des témoignages d'une grande valeur, recueillis de la tradition orale locale, qui autrement ne nous seraient pas parvenus. La période communiste a radicalement modifié le contenu de tels ouvrages, les données historiques étant souvent déformées par les normes idéologiques ou censurés par les auteurs eux-mêmes, de telle sorte que les événements de l'entre-deux-guerres, surtout ceux relatifs à la politique ou à l'église étaient presque absents, l'accent étant mis sur les réalisations économiques et culturelles du nouveau régime.
Après 1989, la publication des monographies de localités a connu une véritable renaissance, étant donné que les possibilités d'impression se sont diversifiées, le facteur financier étant d'habitude le seul “censeur” de telles entreprises. La plus importante nouveauté a été l'enrichissement du contenu avec de nombreuses images, quelques-unes assez rares, d'une véritable valeur historique, les autres banales, reflétant encore la mentalité de l'époque récemment finie ou même les orgueils de certains éphémères potentats locaux.
“Le Teius d'antan” n'est pas une monographie dans le sens classique du mot, même si les quelques dizaines de pages de texte du début offrent les repères géographiques, économiques et historiques nécessaires pour esquisser le portrait de cette ville du centre de la Transylvanie. L'ouvrage est plutôt une véritable chronique en images, qui reflète l'évolution édilitaire de la ville mais aussi des moments de la vie de ses habitants, au cours de plus d'un siècle. À partir de vieilles cartes postales, antérieures à la première guerre mondiale, d'une vraie valeur documentaire, jusqu'à des photographies de famille, surprenant des aspects de la vie quotidienne apparemment communs, mais avec d'intéressants éléments d'époque (vêtements, occupations, cérémonies de mariage ou d'enterrement), l'album de Monsieur Bota rassemble dans ses pages une collection extrêmement variée d'images, intéressantes non seulement pour les habitants de la ville de Teiuş, mais aussi pour toute personne qui veut faire une incursion visuelle dans l'histoire d'un bourg transylvain, à partir de la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Bien sûr, la sélection des images n'a probablement été toujours la plus inspirée, certainement il y a certains aspects du passé qui manquent de l'ouvrage, la plupart d'eux indépendamment de la volonté de l'auteur, qui s'est efforcé avec diligence de recueillir des nouveaux témoignages jusqu'au moment de l'impression du livre, mais de tels aspects sont mineurs par rapport au résultat final. La traduction du texte et des explications dans plusieurs langues étrangères contribue à l'extension de la circulation du livre, Teiuş devenant ainsi un livre ouvert pour chaque citoyen de l'Europe intéressé par cette ville mutiséculaire.
Je ne peux que féliciter l'auteur pour son infatigable diligence de collectionneur, qui ne s'arrêtera ici, j'en suis sûr, de même que ceux qui ont entendu et appuyé sa démarche.
Alba Iulia, le 19 juin 2009

Horia CIUGUDEAN, Maître de conférences, Docteur en histoire